L'Abbaye du Thoronet - Centre des monuments nationaux

 

 

 

Avec ses 120 000 visiteurs par an, cette « merveille » des abbayes cisterciennes est le monument le plus visité du Var. Édifiée entre 1160 et 1230, l'abbaye du Thoronet est, avec Silvacane et Sénanque, l'une des trois abbayes cisterciennes de Provence.

Un exemple pour l'architecture contemporaine. La pureté et la simplicité des volumes, essentiellement dictées par l'organisation de la vie communautaire, inspirent des générations d'architectes. Le Corbusier visite le site en 1953 : « À l'heure du "béton brut", bénie, bienvenue et saluée soit, au cours de la route, une telle admirable rencontre. »

C'est dans ce lieu merveilleux qu'ont lieu les Rencontres Internationales du Thoronet.

L'ordre cistercien

Les principes fondateurs 

À l'aube du XIIè siècle, l'ordre monastique clunisien atteint son apogée et affiche puissance, gloire et richesse. Un moine, Robert de Molesme, réagit et décide de revenir à à la règle stricte de Saint-Benoit, rédigée vers 534, qui prône l'humilité, l'obéissance, la pauvreté et le juste équilibre entre travail manuel et prière. En 1098 il fonde le monastère de Cîteaux, près de Dijon, qui donne son nom au nouvel ordre. À partir de 1109, Etienne Harding codifie la règle cistercienne.

L'Essor

Entre 1113 et 1115, Cîteaux fonde les quatre premières de ses "filles" : La Ferté, Pontigny, Morimond et Clairvaux. Sous l'abbatiat de Bernard de, 1115 à 1153, qui réaffirme avec vigueur la règle de Saint-Benoit, Clairvaux devient le centre de l'ordre cistercien qui essaime à travers toute l'Europe. Fustigeant violemment l'apparat de Cluny, Bernard de Clairvaux trace la voie de la rigueur et du dénuement. Seuls le travail et la prière doivent animer les cistercien, alors dénommés les "moines blancs". En 1153, à la mort de saint Bernard, Clairvaux compte plus de 160 moines, tandis que la nouvelle famille cistercienne dénombre près de 350 abbayes.

La "merveille" des abbayes cistercienne

La fondation

Avec ses "sœurs", Silvacane et Sénaque, l'abbaye du Thoronet est l'une des trois abbayes cisterciennes de Provence. En 1136, un groupe de moines quitte l'abbaye de Mazan en Ardèche pour fonder un monastère, qu'ils bâtiront 15 ans plus tard près de Lorgues, en un lieu boisé entre le coude d'une rivière et d'une source. L'édification débute en 1160 et se prolonge jusque 1230. Au début du XIIIè siècle, le monastère abrite une vingtaine de moines et quelques dizaines de frères convers.

Déclin et restauration

Moins de deux siècles plus tard, le déclin de l'abbaye est déjà entamé. En 1660, le prieur signale la nécessité de la restaurer. En 1699, on déplore fissures et effondrement des toitures, portes rompues et fenêtres délabrées. En 1790, sept moines âgés y résident encore. La disparition de l'abbaye menace lorsque Prospère Mérimée la sauve en la signalant à Révoil, architecte des monuments historiques. La restauration débute en 1841 pour ne plus cesser. L'État achète progressivement le site à partir de 1854.

L'Abbaye du Thoronet exprime l'essence même de l'art cistercien fait de dénuement extrême, de pureté des lignes, de simplicité des volumes essentiellement dictés par la vie communautaire. À ce titre, elle a inspiré des générations d'architectes, comme en témoigne Fernand Pouillon dans son roman Les Pierres Sauvages. Avec les Leçons du Thoronet, un grand architecte contemporain (Eduardo Souto de Moura, Patrick Berger...) est invité chaque année à mener une réflexion sur les bâtiments et à mener une intervention réversible.

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